fbpx

Top menu

Type d'exposition Archives: En cours

EXPOSITION | Croire les possibles – Curiosités, bestiaire et cabinet – Jean Brillant

 

Le Musée régional de Rimouski est fier d’annoncer l’exposition Croire les possibles – Curiosités, bestiaire et cabinet de l’artiste Jean Brillant, qui se tiendra du 31 mai au 2 septembre 2024. Après avoir consacré les dernières années à la sculpture extérieure, cette première exposition solo en contexte muséal offre une opportunité unique de découvrir son plus grand corpus d’œuvres intérieures.

Les œuvres de Jean Brillant sont marquées par une symbiose entre nature et culture, explorant les tensions et les échanges entre ces deux mondes. Ses sculptures, souvent faites de pierre et d’acier, témoignent de cette intersection hybride, invitant les spectateurs à une expérience corporelle et introspective. Son travail se distingue par l’utilisation de matériaux naturels et industriels, créant des œuvres qui dialoguent avec l’environnement et les perceptions humaines.

Cette exposition intègre également des artéfacts historiques ayant appartenu à Jules et Jean Brillant, ancêtres de l’artiste. Jules-André Brillant (1888-1973), grand bâtisseur de l’Est du Québec, et Jean Brillant (1890-1918), héros de la Première Guerre mondiale, sont deux figures importantes du Bas-Saint-Laurent. Le sculpteur rend hommage à leur legs et à leur influence sur la région, ce qui lui permet d’ouvrir un dialogue avec sa famille et avec le passé. Il a croisé les mémoires pour aborder la mythologie familiale avec des objets fabriqués, choisis, trouvés.

Croire les possibles – Curiosités, bestiaire et cabinet est une invitation à explorer les possibilités infinies de la matière et de l’esprit. Jean Brillant croit fermement au pouvoir de la sculpture pour éveiller passions et réflexions.

Un vernissage se tiendra le 31 mai dès 17h00 au Musée régional de Rimouski. Rejoignez-nous pour célébrer le lancement de cette exposition exceptionnelle et rencontrer l’artiste. L’entrée sera gratuite à l’occasion.

À propos de l’artiste

Né à Rimouski en 1959, Jean Brillant est un sculpteur québécois dont le parcours artistique s’enracine profondément dans son territoire natal et s’étend à travers le monde. Dès son plus jeune âge, son parcours l’emmène à découvrir la taille de la pierre dans le Sud de la France, où sa famille s’installe en 1968. Cette rencontre précoce avec la matière le pousse à poursuivre des études à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence en 1979, puis aux Beaux-arts de Dijon en 1983. À son retour au Québec en 1984, il intègre l’Université du Québec à Montréal. Jean Brillant a exposé ses œuvres au Canada et en France, et plusieurs de ses sculptures font partie de prestigieuses collections publiques et privées.

Au fil de ses études et de ses découvertes artistiques dans les galeries européennes et nord-américaines, Jean Brillant développe un style unique qui confronte et assemble le naturel et l’industriel avec une grande liberté créative.

Jean Brillant a tenu de nombreuses expositions personnelles au Canada, notamment à la Galerie Daniel à Montréal, à la Galerie Madeleine Lacerte à Québec et à la Leo Kamen Gallery à Toronto. En France, ses œuvres ont été présentées à la Galerie Remp’art à Toulon et à la Galerie Pierre Nouvion à Monaco. Depuis 1994, il se concentre principalement sur des sculptures d’extérieur, qui font aujourd’hui partie de collections publiques prestigieuses comme celles du Musée national des beaux-arts du Québec, du MACAAL de Marrakech et du Musée d’art de Joliette. Ses œuvres sont également présentes dans de nombreuses collections privées, dont celles de la Fondation Bombardier.

Jean Brillant vit et travaille actuellement au Québec, où il a transformé une ancienne usine industrielle au cœur de Montréal en atelier d’artiste.

Continue Reading

EXPOSITION | Les prévisions transparentes – Diane Landry

Le Musée régional de Rimouski est heureux de présenter durant l’hiver 2024 un « programme double » mettant à l’honneur le travail de l’artiste Diane Landry. Mécanique céleste et Les prévisions transparentes, les deux expositions proposées simultanément au public, seront inaugurées en présence de l’artiste, le jeudi 15 février 2024 à 17h. 

 

 

DIANE LANDRY. LES PRÉVISIONS TRANSPARENTES

EXPOSITION RÉTROSPECTIVE

Le temps est à l’endroit, rarement à l’envers. Sauf que réaliser une exposition rétrospective signifie faire ressurgir le passé, (re)découvrir des œuvres, les réinstaller, les contextualiser, en renouveler le sens, tout cela renvoyant encore et toujours au temps. Celui qui revient. Cette exposition fait ainsi un retour sur la carrière de Diane Landry et présente des installations cinétiques emblématiques, des vidéos de performance ainsi que Mécanique céleste, sa plus récente production, spécialement conçue pour les enfants. Si le temps est souvent conceptualisé par une ligne qui avance inexorablement, l’art de Diane Landry exprime d’autres horizons temporels qui ne se mesurent pas, mais qui se vivent et s’éprouvent.

Vue de l’exposition Diane Landry. Les prévisions transparentes, VOX, du 25 mars au 23 juin 2023. Photo : Michel Brunelle

 

 

À commencer par les mécanismes qui activent plusieurs de ses sculptures, mécanismes composés de petits moteurs, d’engrenages et de poulies dont certains entraînent un transfert d’énergie à d’autres engrenages. On les appelle roues de chronométrage parce que leur diamètre aura pour conséquence d’augmenter ou diminuer la vitesse de rotation et d’adopter différents rythmes, comme celui de la respiration humaine ou des ailes d’un moulin à vent. Il y a aussi, dans ses récentes installations Grande Ourse et Petite Ourse, une série de disques photographiques dont les mécaniques horlogères traduisent des temporalités étrangement désynchronisées. On constate encore, dans certains de ses dispositifs, la présence de sable, qui s’écoule dans des bouteilles d’eau à la manière de sabliers et dont le poids, aidé de petits moteurs, active d’étranges roues lumineuses qui évoquent des machines à mouvement perpétuel. Le temps fait des ronds, chez Diane Landry. Il se répète potentiellement à l’infini et nous rappelle qu’à l’échelle de la nature, il est régi par des cycles renouvelant la nuit et le jour, les saisons, les rotations lunaires et planétaires, sans oublier l’ensemble des stades biologiques.

Diane Landry cultive aussi le temps. Elle le vit et tente peu de le penser. Depuis le milieu des années 1990, elle l’occupe dans son atelier à bricoler ses sculptures et se consacre presque exclusivement à cette activité inventive. Elle travaille patiemment et lentement. Autrement, elle accompagne ses œuvres ou réalise des résidences d’artiste un peu partout sur la planète. Mais auparavant, elle a étudié et évolué dans les sciences naturelles et travaillé dans un centre de recherche dans le domaine de l’agriculture. Elle a même été factrice pour un temps. Cela explique sans doute pourquoi la variabilité comme le réchauffement du climat la préoccupent depuis longtemps. Au départ, ses œuvres cinétiques projetaient ombres et reflets lumineux d’objets domestiques qu’elle trouvait dans son environnement jusqu’à ce que les bouteilles d’eau, la pellicule de plastique ou les ustensiles à usage unique s’ajoutent à son répertoire. L’effet de ses objets animés peut être déroutant : une simple ampoule fixée sur une manivelle à coulisse s’avance doucement vers une corbeille de plastique auréolée de bouteilles d’eau recyclées. Elle projette l’ombre portée de motifs abstraits et concentriques dans un lent mouvement qui s’étend à tout l’espace avant que cette ombre se contracte en son centre. Bien que nous soyons entièrement envoûté·es par la projection de cette forme harmonieuse à l’allure d’un mandala, les objets de plastique dont elle tire ses effets donnent matière à réflexion. Ce contraste de sens fait écho à l’éveil collectif qui déferle depuis le tournant du nouveau siècle : l’urgence climatique auquel nous sommes tous et toutes désormais confronté·es. Intitulée Le déclin bleu, la série aborde cette question politique à partir d’une expérience qui suscite l’émerveillement à laquelle l’artiste injecte une bonne dose d’humour caustique.

« Tous les temps ne se ressemblent pas », aimait à rappeler Don Quichotte. Le temps à l’échelle de l’environnement ne se mesure pas en années, il doit se compter en milliers d’années. Or, le rythme de nos vies, associé aux innovations et à la croissance économique, a produit une accélération sociale sans précédent. Pour autant, on ne peut accélérer une société sans qu’il y ait de conséquences désastreuses pour la préservation des mondes de la vie. La performance Silence radio que Diane Landry a réalisée en 2008 offre une figuration allégorique de cet horizon temporel paradoxal, comme la qualifie Hartmut Rosa, observable dans l’animation image par image qui en a résulté. L’artiste s’est photographiée pendant vingt-quatre heures trois journées différentes en reprenant la même pose toutes les minutes, installée devant les fenêtres du Studio du Québec à New York, où elle réalisait une résidence. Un programme de montage vidéo lui permet de condenser chacune des vingt-quatre heures en un peu moins de huit minutes. Si le décor ne change pas, un léger mouvement saccadé anime le corps immobile de l’artiste tandis que des variations de lumière révèlent le passage du jour et de la nuit. Cette étonnante accélération temporelle ne peut faire autrement qu’évoquer le rythme aliénant auquel nous sommes quotidiennement soumis. À cela s’ajoutent les innovations technologiques conçues pour nous permettre d’aller encore plus vite. Cet impératif de rapidité, rappelle Rosa, agit « comme si nous déambulions sur un escalier roulant descendant sur lequel il nous faudrait monter : si nous n’accélérons pas, si nous ne faisons pas l’effort de presser le pas, alors nous régressons ». C’est sans doute ce qui explique que le temps paraît nous manquer plus que jamais.

 

À propos de l’artiste

Portrait de Diane Landry. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Diane Landry vit et travaille à Québec. Elle fait d’abord des études en technique des sciences naturelles et travaille dans un centre de recherche en agriculture pendant 5 ans. À l’âge de 25 ans, elle prend la décision de devenir artiste en assumant son rêve devenu nécessité. Elle retourne aux études et obtient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval (1987) et une maîtrise en arts plastiques de la Stanford University (2006), en Californie. Elle se croyait peintre, mais par la pratique en atelier et la réalité quotidienne, elle se dirige naturellement vers la production d’œuvres installatives et performatives influencées par le readymade et ses préoccupations pour le recyclage. Bref, elle bricole, elle patente. Elle aime se mettre dans des contextes qui viennent ébranler ses habitudes de création, en réalisant des résidences d’artiste à travers diverses cultures. Ces séjours bousculent ses réflexes de création et l’amènent vers des défis constamment renouvelés. Ses œuvres ont fait l’objet d’une large diffusion au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, dans plusieurs pays d’Europe, en Chine et en Australie. En 2014, elle obtient la bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle, offerte par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Elle reçoit l’une des prestigieuses bourses de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation à New York en 2015. Elle réalise de nombreuses commandes de projets artistiques et ses œuvres font partie de plusieurs collections. Landry est représentée par Vivianeart Gallery (Calgary) et Carl Solway Gallery (Cincinnati, Ohio).

Continue Reading